ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
C’est un mariage à la fin des années 1970, à Nantes. On trouve les grandes pompes avec les voitures décorées qui sonnent à tue-tête dans la ville ; il y a les belles tenues, et surtout la famille réunie autour des mariés. Sauf que toutes les familles ne sont pas toujours bonnes à regarder et que, parfois, des évènements familiaux comme ceux-ci, au lieu de créer les réconciliations, provoquent le pire. Les Puig, ce n’est pas moins de sept enfants, avec leurs réussites, leurs échecs, et derrière eux une ribambelle de petits-enfants. Les Puif, c’est aussi un traumatisme ancien qui sommeille, provoquant chez chacun d’eux des remous émotionnels et psychologiques qui ne demandent qu’à éclater au grand jour.
Mettre en scène autant d’acteurs et de figurants, dans ce qui ressemble à une scène de théâtre avec son lieu et sa temporalité uniques, relève de l’exploit. Christophe Honoré, dont on pressent qu’il y a derrière cette réunion de famille quelque chose de sa propre enfance, réunit autour de lui des interprètes multiples qui, grâce à la magie de la mise en scène, parviennent non seulement à rentrer dans l’histoire traumatique de la famille, mais surtout à vivre pleinement une fête qui pourrait être la leur. La névrose n’est pas très loin, et les violences éclatent au fur et à mesure que la cérémonie de mariage se déroule.
Christophe Honoré fait une nouvelle fois la démonstration de son immense talent dans la mise en scène et l’écriture. Il fait preuve aussi d’une grande intuition dans le choix de ses comédiens. Par exemple, on n’attendait pas du tout Paul Kircher dans la peau de ce jeune marié, ou Nadia Tereszkiewicz dans celle de cette jeune mère de famille. Et pourtant, les choses fonctionnement merveilleusement, offrant même à chaque comédien une possibilité de faire valoir une dimension supérieure de son art. Adèle Exarchopoulos est, sans surprise, excellente dans le rôle d’une femme dépressive qui ne se remet pas de la séparation du père de ses enfants. Alban Lenoir habite son rôle ingrat avec une force remarquable. Bref, Christophe Honoré parvient à un sans-faute, permettant à sa troupe de créer une sorte d’osmose stupéfiante, dont seul les grands auteurs sont capables.
Le long-métrage de Christophe Honoré donne à voir un cinéma habité de lectures et références. On pense à des grands cinéastes qui comptent dans l’histoire du cinéma, et mine de rien, Honoré est en train de les rejoindre. On songe ainsi dans le rythme et la folie au très beau film de Chéreau Ceux qui m’aiment prendront le train, qui au lieu d’un mariage provoquait une réunion d’amis autour d’un enterrement ; et à tous les films de Pialat, qui, mieux que personne, savait créer une atmosphère authentique et cruelle. Mariage au goût d’orange témoigne d’une habileté et d’un aboutissement artistique certains, tant les choses semblent naturelles sur l’écran, alors qu’on a totalement conscience de toutes les difficultés qui se posent quand on doit réunir un casting aussi nombreux autour d’une histoire qui n’est pas la leur. Voilà un grand film et, quand arrive le générique final, on a presque le regret que cette belle énergie s’arrête.
Laurent Cambon (avoiralire.com)
Avant-première
mercredi 14 octobre à 20h30
MARIAGE AU GOÛT D'ORANGE
de Christophe Honoré
Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Paul Kircher
France · 2027 · 1h55 · Cannes 2026
La fratrie Puig comprend sept enfants. Et c’est aujourd’hui qu’on marie le petit dernier : Jacques. Nous sommes en mars 1978 dans les faubourgs de Nantes. Le père n’assiste pas aux noces, il a été banni de la famille. Les frères et les sœurs eux sont tous là, heureux de se retrouver. Jacques va épouser Martine. Entre eux deux, c’est un mariage d’amour. Mais est-ce que l’amour peut sauver des blessures de l’enfance ?
https://www.advitamdistribution.com/films/mariage-au-gout-dorange/
A PROPOS
C’est un mariage à la fin des années 1970, à Nantes. On trouve les grandes pompes avec les voitures décorées qui sonnent à tue-tête dans la ville ; il y a les belles tenues, et surtout la famille réunie autour des mariés. Sauf que toutes les familles ne sont pas toujours bonnes à regarder et que, parfois, des évènements familiaux comme ceux-ci, au lieu de créer les réconciliations, provoquent le pire. Les Puig, ce n’est pas moins de sept enfants, avec leurs réussites, leurs échecs, et derrière eux une ribambelle de petits-enfants. Les Puif, c’est aussi un traumatisme ancien qui sommeille, provoquant chez chacun d’eux des remous émotionnels et psychologiques qui ne demandent qu’à éclater au grand jour.
Mettre en scène autant d’acteurs et de figurants, dans ce qui ressemble à une scène de théâtre avec son lieu et sa temporalité uniques, relève de l’exploit. Christophe Honoré, dont on pressent qu’il y a derrière cette réunion de famille quelque chose de sa propre enfance, réunit autour de lui des interprètes multiples qui, grâce à la magie de la mise en scène, parviennent non seulement à rentrer dans l’histoire traumatique de la famille, mais surtout à vivre pleinement une fête qui pourrait être la leur. La névrose n’est pas très loin, et les violences éclatent au fur et à mesure que la cérémonie de mariage se déroule.
Christophe Honoré fait une nouvelle fois la démonstration de son immense talent dans la mise en scène et l’écriture. Il fait preuve aussi d’une grande intuition dans le choix de ses comédiens. Par exemple, on n’attendait pas du tout Paul Kircher dans la peau de ce jeune marié, ou Nadia Tereszkiewicz dans celle de cette jeune mère de famille. Et pourtant, les choses fonctionnement merveilleusement, offrant même à chaque comédien une possibilité de faire valoir une dimension supérieure de son art. Adèle Exarchopoulos est, sans surprise, excellente dans le rôle d’une femme dépressive qui ne se remet pas de la séparation du père de ses enfants. Alban Lenoir habite son rôle ingrat avec une force remarquable. Bref, Christophe Honoré parvient à un sans-faute, permettant à sa troupe de créer une sorte d’osmose stupéfiante, dont seul les grands auteurs sont capables.
Le long-métrage de Christophe Honoré donne à voir un cinéma habité de lectures et références. On pense à des grands cinéastes qui comptent dans l’histoire du cinéma, et mine de rien, Honoré est en train de les rejoindre. On songe ainsi dans le rythme et la folie au très beau film de Chéreau Ceux qui m’aiment prendront le train, qui au lieu d’un mariage provoquait une réunion d’amis autour d’un enterrement ; et à tous les films de Pialat, qui, mieux que personne, savait créer une atmosphère authentique et cruelle. Mariage au goût d’orange témoigne d’une habileté et d’un aboutissement artistique certains, tant les choses semblent naturelles sur l’écran, alors qu’on a totalement conscience de toutes les difficultés qui se posent quand on doit réunir un casting aussi nombreux autour d’une histoire qui n’est pas la leur. Voilà un grand film et, quand arrive le générique final, on a presque le regret que cette belle énergie s’arrête.
Laurent Cambon (avoiralire.com)

